{"id":178,"date":"2011-09-06T20:55:13","date_gmt":"2011-09-06T19:55:13","guid":{"rendered":"https:\/\/ballarini.fr\/?p=178"},"modified":"2022-11-09T16:00:23","modified_gmt":"2022-11-09T15:00:23","slug":"bernard-miege-lespace-public-contemporain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ballarini.fr\/loic\/2011\/09\/06\/bernard-miege-lespace-public-contemporain\/","title":{"rendered":"Bernard Mi\u00e8ge : L\u2019Espace public contemporain"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/ballarini.fr\/loic\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/PUG_Couverure_Espace_public_comtemporain_large-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-183\" title=\"Bernard Mi\u00e8ge, L\u2019espace public contemporain. Approche info-communicationnelle \u00bb, PUG.\" src=\"https:\/\/ballarini.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/PUG_Couverure_Espace_public_comtemporain_large-184x300.jpg\" alt=\"\" width=\"184\" height=\"300\" \/><\/a>Quelle aventure ! Voici qu\u2019est enfin publi\u00e9e, aujourd\u2019hui, par <em>Lectures<\/em>, <a title=\"\u00ab Bernard Mi\u00e8ge, L\u2019espace public contemporain. Approche info-communicationnelle \u00bb, par Lo\u00efc Ballarini, Lectures\" href=\"http:\/\/lectures.revues.org\/6264\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ma recension<\/a> du dernier ouvrage de Bernard Mi\u00e8ge, <em>L\u2019Espace public contemporain<\/em>. L\u2019auteur entend y donner une forme achev\u00e9e \u00e0 ses r\u00e9flexions sur ce concept, fond\u00e9 par J\u00fcrgen Habermas au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, afin d\u2019en faire un outil utile \u00e0 la recherche portant sur le monde contemporain. Mais pourquoi une aventure ? C\u2019est surtout de ma faute, et un peu de celle de Mi\u00e8ge. De la mienne : j\u2019ai mis (trop) longtemps \u00e0 lire ce livre. De celle de Mi\u00e8ge : c\u2019est p\u00e9niblement \u00e9crit, et (retour de ma culpabilit\u00e9) j\u2019ai d\u00fb m\u2019y reprendre plusieurs fois pour trouver la motivation d\u2019arriver au bout. Or, quand on demande \u00e0 faire une recension pour <em>Lectures<\/em>, on <a href=\"http:\/\/lectures.revues.org\/4992\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">s\u2019engage<\/a> \u00e0 la faire dans le mois suivant la r\u00e9ception de l\u2019ouvrage, qui est envoy\u00e9 gratuitement. J\u2019ai mis \u00e0 peu pr\u00e8s cinq fois la dur\u00e9e accord\u00e9e. Et j\u2019ai rendu un article tr\u00e8s (trop ?) long. La r\u00e9daction de <em>Lectures<\/em> a \u00e9t\u00e9 sympa, et a accept\u00e9 de le publier, \u00e0 condition d\u2019en enlever la moiti\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette moiti\u00e9 qui manque, elle \u00e9tait importante \u00e0 mes yeux, mais disons qu\u2019elle ne l\u2019\u00e9tait pas autant que celle qui est publi\u00e9e ; alors \u00e7a va. D\u2019autant que les \u00e9changes et corrections par mail ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s cordiaux et m\u2019ont permis d\u2019am\u00e9liorer certaines parties du texte. Dans un autre contexte, on parlerait d\u2019une relation gagnant-gagnant. J\u2019ai donc supprim\u00e9 de l\u2019article une longue introduction r\u00e9sumant les publications pr\u00e9c\u00e9dentes de Mi\u00e8ge sur l\u2019espace public. Puis tout ce qui concernait les aspects formels du livre : probl\u00e8mes de r\u00e9f\u00e9rences erron\u00e9es, ou qui sont appel\u00e9es dans le texte sans \u00eatre pr\u00e9sentes en biblio, ainsi que des d\u00e9fauts de mise en page qui emp\u00eachent de bien rep\u00e9rer les deux interventions ext\u00e9rieures sollicit\u00e9es par l\u2019auteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Manque \u00e9galement un aspect plus \u00e9thique. Mi\u00e8ge semble en effet avoir adopt\u00e9 une \u00e9trange politique, qui le conduit \u00e0 ne citer que des auteurs avec lesquels il est globalement en accord, tandis que ceux qu\u2019il consid\u00e8re comme ses adversaires th\u00e9oriques n\u2019ont droit qu\u2019\u00e0 des sous-entendus d\u00e9l\u00e9gitimants, qui tiennent plus de l\u2019argument d\u2019autorit\u00e9 que de la d\u00e9monstration. Il fait ainsi r\u00e9guli\u00e8rement allusion \u00e0 \u00ab\u00a0<em>la<\/em>\u00a0\u00bb philosophie politique comme ayant une vision par trop limit\u00e9e de l\u2019espace public \u2014\u00a0comme s\u2019il n\u2019existait dans cette discipline pas de courants ou d\u2019\u00e9coles de pens\u00e9e diff\u00e9rentes. La mention \u00ab\u00a0<em>nombre d\u2019auteurs\u2026<\/em>\u00a0\u00bb revient aussi fr\u00e9quemment, sans qu\u2019aucun ne soit cit\u00e9. Lorsqu\u2019il aborde la question de la fragmentation ou de l\u2019unicit\u00e9 de l\u2019espace public, il indique\u00a0: \u00ab\u00a0<em>le \u201cnouvel\u201d espace public n\u2019a pas encore donn\u00e9 lieu \u00e0 des formulations satisfaisantes<\/em>\u00a0\u00bb (p.\u00a054). Sans indiquer qu\u2019il renvoie ici \u00e0 un num\u00e9ro d\u2019<em>Herm\u00e8s<\/em> portant ce titre ((Dorine Bregman, Daniel Dayan, Dominique Wolton (coord.), 1989. \u00ab\u00a0Le nouvel espace public\u00a0\u00bb, <em>Herm\u00e8s<\/em>, n\u00b0\u00a04, Paris\u00a0: \u00c9ditions du CNRS, en ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/documents.irevues.inist.fr\/handle\/2042\/15096\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/documents.irevues.inist.fr\/handle\/2042\/15096<\/a>.)). Cela est d\u2019autant plus \u00e9tonnant qu\u2019un des articles que Mi\u00e8ge a publi\u00e9s en 1995 sur l\u2019espace public contenait une critique mordante de ce num\u00e9ro, et en particulier des articles qu\u2019y signait Dominique Wolton ((Bernard Mi\u00e8ge, 1995.\u00a0\u00ab\u00a0L\u2019espace public\u00a0: au-del\u00e0 de la sph\u00e8re politique\u00a0\u00bb, <em>Herm\u00e8s<\/em> n\u00ba\u00a017-18, p.\u00a049-62, en ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/hdl.handle.net\/2042\/15207\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/hdl.handle.net\/2042\/15207<\/a>. Mordante, la critique \u00e9tait \u00e9galement aussi savoureuse que pol\u00e9mique, Mi\u00e8ge expliquant dans <em>Herm\u00e8s<\/em> en quoi la pens\u00e9e du directeur d\u2019<em>Herm\u00e8s<\/em> \u00e9tait beaucoup trop limit\u00e9e pour pouvoir pr\u00e9tendre apporter quelque chose de nouveau au concept d\u2019espace public.)). Dommage d\u2019avoir r\u00e9duit cette dimension du d\u00e9bat, qui demeure pourtant pertinente aujourd\u2019hui, \u00e0 une simple allusion crypt\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 plusieurs reprises, Mi\u00e8ge para\u00eet m\u00eame tenir pour n\u00e9gligeable de citer ses sources. Ainsi affirme-t-il\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Point besoin de revenir sur la question controvers\u00e9e de l\u2019innovation qui est ainsi engag\u00e9e et qui est loin d\u2019\u00eatre achev\u00e9e, ou de faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la multitude de travaux qui se sont donn\u00e9s pour but d\u2019aider \u00e0 s\u2019y retrouver dans le d\u00e9dale des usages prescrits et effectifs<\/em>\u00a0\u00bb (p.\u00a0130). Et, ce qui pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un sommet du genre\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La liste est longue des constats formul\u00e9s par divers auteurs concernant aussi bien des pratiques individuelles que le fonctionnement d\u2019organisations ou de diff\u00e9rents champs sociaux. Qu\u2019il suffise de faire \u00e9tat ici<\/em>\u2026\u00a0\u00bb (p.\u00a0165, suit une liste de ph\u00e9nom\u00e8nes sans r\u00e9f\u00e9rence). Certes, cette m\u00e9thode permet d\u2019all\u00e9ger la bibliographie, et de se passer de notes de bas de page. Mais quelle perte pour le lecteur\u00a0! Ce choix est d\u2019autant plus difficile \u00e0 comprendre qu\u2019on ne doute pas un instant que Mi\u00e8ge ait bien lu tous ces auteurs auxquels il ne renvoie pas. Est-ce alors par volont\u00e9 de contenir le volume de son ouvrage (230 p.)\u00a0? Pourtant, nombre de cas auraient pu \u00eatre tranch\u00e9s par la mention de deux ou trois ouvrages repr\u00e9sentatifs du courant abord\u00e9, accompagn\u00e9es de quelques lignes d\u2019explication. Et s\u2019il avait fallu ajouter cinquante pages pour expliciter en d\u00e9tail quels aspects des conceptions contemporaines de l\u2019espace public il s\u2019agit de conserver ou de r\u00e9cuser, alors le livre aurait pu \u00eatre cette synth\u00e8se que son titre et son introduction laissaient attendre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autant plus que, lorsque leurs auteurs vont dans son sens, Mi\u00e8ge n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 consacrer quelques pages \u00e0 l\u2019examen d\u2019\u00e9crits sur lesquels il appuie son argumentation. Mais l\u2019embarras s\u2019ajoute \u00e0 la g\u00eane, quand on constate que ceux \u00e0 qui il accorde le plus de place, c\u2019est-\u00e0-dire cinq th\u00e8ses de doctorat, pr\u00e9sent\u00e9es au chapitre\u00a01 (p.\u00a036-41), ont toutes \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9es par lui-m\u00eame, sans qu\u2019il en soit non plus fait mention. Cependant, et bien s\u2019il s\u2019agisse l\u00e0 d\u2019un comportement bien \u00e9loign\u00e9 du recul, de la pr\u00e9cision et de l\u2019honn\u00eatet\u00e9 que l\u2019on serait en droit d\u2019attendre d\u2019une publication de ce calibre, l\u00e0 n\u2019est pas l\u2019essentiel ((Je viens pourtant de vous l\u2019infliger, comme quoi vous \u00eates conciliants.)). L\u2019essentiel r\u00e9side dans les arguments de Mi\u00e8ge pour d\u00e9fendre sa vision de l\u2019espace public, et, je l\u2019esp\u00e8re, <a title=\"\u00ab Bernard Mi\u00e8ge, L\u2019espace public contemporain. Approche info-communicationnelle \u00bb, par Lo\u00efc Ballarini, Lectures\" href=\"http:\/\/lectures.revues.org\/6264\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">dans ceux que je lui oppose<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle aventure ! Voici qu\u2019est enfin publi\u00e9e, aujourd\u2019hui, par Lectures, ma recension du dernier ouvrage de Bernard Mi\u00e8ge, L\u2019Espace public contemporain. 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