Obsweb - EWJ2016Ça ne pouvait pas mieux tomber : lundi 22 février, Médiamétrie publiait L’Année internet 2015, son bilan annuel dans lequel il apparaissait que l’année écoulée était celle du basculement. Pour la première fois en France, le nombre de connexions à internet depuis les mobiles (tablettes et smartphones) a dépassé en 2015 celui des connexions depuis les ordinateurs. Or, quatre jours plus tard, Obsweb, l’Observatoire du webjournalisme rattaché au Crem, organisait les 6e Entretiens du webjournalisme sur le thème « Information et supports mobiles ». Sceptiques, monothéistes et adversaires du mariage de la carpe informationnelle et du lapin numérique, passez donc votre chemin — ou, plutôt, changez-en : de profondes mutations sont en cours. Encore ? Rassurez-vous : on ne va pas vous refaire le coup de la révolution ou de la technologie disruptive. Il y en au moins une tous les matins sur les sites technophiles, mais ce n’est pas le genre de la maison.

#Obsweb nouveau métier

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Ce qui est important, c’est le mouvement de fond, que certain-e-s voient poindre depuis un moment et qui est désormais une réalité : ce n’est pas l’avenir d’internet qui est mobile, c’est son présent. Cela pose des questions cruciales aux producteurs d’informations qui, comme cela a été relevé plusieurs fois, commencent à peine à accepter de penser l’info web first alors que leur préoccupation devrait être mobile first. Car c’est ainsi que leurs lecteurs potentiels vivent : près de 60% de la population sont désormais équipés de smartphone, et ce taux monte à 90% chez les 18-24 ans. La consommation d’information suit évidemment le mouvement : de moins en moins de lecteurs papier, de plus en plus de lecteurs numériques, qui ne se connectent plus que rarement à la page d’accueil de leur média favori, qui en suivent très marginalement les flux RSS, mais qui installent des applis, jettent un œil à leurs notifications et, surtout, arrivent de plus en plus souvent sur un article en ayant suivi une recommandation (re)postée sur un réseau social.

Taux d'équipement et taux d'accès à internet 2015

Taux d’équipement et taux d’accès à internet en France en 2015. Source ARCEP, Baromètre numérique 2015.

Le problème, c’est que cette évolution est très rapide et que les médias, comme toutes les institutions, ont bien du mal à réagir, sans même parler d’anticiper. Et pourtant : au Royaume-Uni, l’audience totale (papier + numérique) de 5 quotidiens est désormais majoritairement mobile — c’est près des deux-tiers pour The Independent, qui vient d’annoncer l’arrêt de son édition papier pour se concentrer sur le numérique. Comment cette audience se construit-elle ? En France, selon Médiamétrie, les réseaux socio-numériques sont à l’origine de 20 à 50% de l’audience numérique des sites d’info. Tel est le cocktail que journalistes et médias ont en main : internet mobile et réseaux socio-numériques. Qu’en faire ? Qu’y faire ?

Pour tenter d’y répondre, les Entretiens du webjournalisme étaient organisés en deux parties : la matinée était consacrée à interroger les stratégies éditoriales pour le mobile ; l’après-midi à des retours d’expérience de journalistes produisant de l’info en mobilité. Entre les deux, la présentation du Défi appli mobile, par les étudiants en journalisme de Metz, qui devaient concevoir des applis destinés à un public jeune et orientés info locale — travail qui combinait recherche et entretiens auprès de jeunes, et développement de l’appli avec Morgiane Achache, chef de produit numérique au Monde.fr. Mon propos n’est pas ici de résumer les débats : d’autres s’y sont déjà collés avant moi, et avec un bel esprit de synthèse. Lisez donc Nicolas Becquet, journaliste et manager des supports numériques de L’Écho, qui passe en revue la journée complète, ainsi que Jonathan Hauvel, rédacteur en chef adjoint du Bruxelles Bondy Blog, à propos des retours d’expérience d’une belle brochette de journalistes-pionniers dont les interventions ont marqué l’assistance.

Si cela vous intéresse, prolongez un peu : les étudiant-e-s du Master Journalisme et médias numériques de Metz, coachés par Nathalie Pignard-Cheynel, responsable d’Obsweb, et ceux-celles de la Licence professionnelle Journalisme et médias locaux de Nancy, avec votre serviteur, ont couvert la journée tous azimuts. Streaming en direct à trois caméras, articles de synthèse, interviews, live-tweet, Instagram, Periscope, Snapchat… par une rédaction éphémère de 50 futurs journalistes à la pointe de la technique et de la réflexion (du moins est-ce que nous essayons de leur proposer, et ce que Nicolas Becquet a réalisé avec trois étudiant-e-s embarqué-e-s avec lui dans une journée de mobile journalism). C’est le hashtag #obsweb qui a servi de panache blanc à cette journée, qui peut aussi être revue en intégralité ici, ici et .

Comme le souligne justement Nicolas Becquet, le contraste était saisissant entre matin et après-midi. Le matin, professionnels comme chercheurs n’ont pu que constater l’absence, au moins en France, de stratégie éditoriale en direction des supports mobiles. Mais si l’on ne produit pas encore pour eux, on commence à produire par les supports mobiles. C’est ce que les témoignages et études de l’après-midi ont montré. Les JT entièrement tournés à l’iPhone de Léman Bleu racontés par Laurent Keller, le reportage au smartphone de Nicolae Schiau, qui a suivi des migrants syriens tout au long d’un périple documenté sur divers réseaux socio-numériques, le laboratoire mobile sous forme de van ultra-connecté de Damien Van Achter, le suivi de la coupe du monde de rugby sur WhatsApp par Antoine Maes, et l’appli participative Earth Alert de Steven Jambot… Il y a dans ces expériences quelques points communs : oser se lancer sans être sûr du résultat, retourner sur le terrain, utiliser les outils du quotidien, les mêmes que ceux des lecteurs.

Il y a aussi une nouvelle qui devrait faire réfléchir les « gros » médias : ces innovations viennent de structures légères, parfois de journalistes indépendants, qui ne disposent que de budgets modestes. Tout le monde n’est pas La Presse, qui peut investir 26 millions d’euros et embaucher 200 personnes pour développer une appli tablette. Mais tout le monde peut être Léman Bleu, qui acquiert quelques micros, trépieds et perches à selfie. Pour faire quoi ? De la proximité, autre mot-clé de la journée. Proximité avec son sujet, mais aussi avec son public. Proximité physique (sur la route avec les migrants, au plus près puisqu’on filme au smartphone), et proximité technique et d’usages (outils et réseaux partagés avec le public et les sources). Ce n’est d’ailleurs pas étonnant qu’une des démonstrations les plus convaincantes de la journée soit celle de Laurent Keller1, qui expliquait qu’en troquant les imposantes caméras de télévision pour des iPhones, Léman Bleu n’avait pas seulement modifié sa manière de raconter son territoire, mais qu’elle en avait profité pour renoncer à ses rêves de grandeur : cette télé qui avait par le passé tout fait pour être reconnue comme une station régionale est redevenue fière d’être une télé locale.

Dans le débat général sur la crise des médias, on a effet souvent tendance à se focaliser sur les aspects techniques, vus alternativement comme la source de tous les maux et la route vers toutes les solutions. Mais comme dans tout processus d’innovation, la technique n’est rien sans le social qui la porte et se l’approprie, voire la détourne. À quoi bon vouloir révolutionner l’information si ce n’est pour qu’elle soit lue, partagée et discutée ? Ce qui fait qu’un lecteur apprécie un média, un journaliste ou un article, ce n’est pas d’abord sa qualité technique, c’est son contenu, et la relation qui se crée entre lecteur et producteur d’information. C’est peut-être parce qu’ils se mettent à produire par les supports mobiles que les rédactions vont finir par produire pour les supports mobiles. L’indifférenciation entre les supports de production et de réception de l’information, fait unique dans l’histoire des médias, aidera peut-être à ne pas perdre de vue que tout cela n’aura de sens que si l’on produit en même temps pour les lecteurs.

PS : Et le nerf de la guerre, alors ? Ce n’était pas l’objet de cette journée. C’est par contre le thème des Assises du journalisme 2016, qui se déroulent cette année à Tours, à partir de… demain. On en reparle.

 

  1. Je ne dis pas que les autres interventions n’étaient pas convaincantes, loin de là. Mais l’intérêt de Léman Bleu est que l’expérience n’en est plus une : elle est devenue le quotidien de la rédaction. Les autres projets ouvrent des voies encore impratiquées, mais ne sont pour l’instant que ponctuels — Damien Van Achter étant entre les deux, puisqu’il a annoncé lors des Entretiens mettre à disposition l’application Backtrackr, qui lui permet de réaliser ses roadtrips multimédia. []

Vendredi 29 janvier, nous lançons le cycle de séminaires du programme de recherches ANR Collab, qui s’interroge sur le rôle des plateformes de crowdsourcing et de crowdfunding dans les mutations contemporaines des industries culturelles. La première séance, qui se déroulera à l’Université Paris 8 de 9h à 12h (salle D143), sera consacrée au journalisme. Les invités sont :

  • Ivan du Roy, journaliste, cofondateur de Basta !
  • Raphaël Garrigos, journaliste, cofondateur des Jours
  • Mehdi Guiraud, journaliste, membre d’Enquête Ouverte
Affiche séminaire Collab

Affiche séminaire Collab

Protesters shout slogans as they hold a Turkish flag during the third day of nationwide anti-government protests at the Taksim Square in Istanbul. Photograph: Thanassis Stavrakis/AP. Image et légende empruntées au Guardian.

Peut-on décrire la goutte d’eau qui fait déborder le vase ? À quoi est-elle due ? Qu’est-ce qui permet qu’un événement, peut-être pas anodin, mais en tout cas pas plus important que beaucoup d’autres, se transforme en « point de départ » d’un mouvement de révolte, voire d’un changement de régime ? Pourquoi est-ce l’immolation par le feu de Mohammed Bouazizi le 17 décembre 2010 qui, par ricochet, déclenche le Printemps arabe ? L’occupation du parc Gezi à Istanbul et son évacuation musclée par la police, au matin du 30 mai 2013, sera-t-elle le point de départ d’un « Printemps turc » ?

En Turquie aujourd’hui, tout comme dans le monde arabe il y a deux ans et demi, les éléments de contexte sont très nombreux qui peuvent expliquer la colère des peuples et leur succès, ou leur échec, à renverser les pouvoirs en place. Ici à Istanbul, impression que le sentiment dominant est l’exaspération grandissante face à la dérive autoritaire du pouvoir et aux déclarations méprisantes du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan à l’encontre de tout ce qui peut ressembler à une opposition.

Peuple humilié, peuple révolté ? Le raccourci est un peu rapide — justement parce qu’il n’explique pas le déclenchement, ni ne dit rien du seuil d’humiliation et de sa variabilité selon les contextes —, mais je ne peux m’empêcher de penser au concept de reconnaissance d’Axel Honneth, qui m’a l’air de coller à la situation. Le problème, c’est que je commence à peine ma lecture d’Honneth, et que je me trompe peut-être lourdement. Je pense notamment à cet entretien donné à la revue Mouvements en 2007 et intitulée « Le motif de tout conflit est une attente de reconnaissance »1.

Je pense aussi, et surtout, à cet extrait de L’Établi, magnifique petit livre dans lequel Robert Linhart raconte son expérience d’« établi », intellectuel s’étant fait embaucher comme ouvrier pour instiller la révolte et ayant travaillé, de l’automne 1968 à l’été 1969, dans une usine Citroën. Ici, les humiliations sont quotidiennes, mais le missionnaire de la révolution qu’il est a bien du mal à trouver des points d’appui pour lancer une action collective forte contre la direction. Lui-même pris par la fatigue physique et psychique imposée par la vie d’usine, il mesure la distance qui sépare le discours tenu à l’extérieur et les réalités vécues par les ouvriers, en majorité immigrés.

Jusqu’à ce que la goutte d’eau se présente à lui, sous la forme de la « récupération » imposée par Citroën afin de récupérer l’argent versé aux ouvriers sous la pression des grandes grèves de mai. Ceux-ci le considèrent comme un paiement des jours de grève, mais la direction entend bien rentrer dans ses fonds, et annonce, début 1969, une augmentation de 45 minutes de la journée de travail, dont la moitié sera effectuée gratuitement au titre de la récupération. C’est l’étincelle qui déclenche une première réunion au sous-sol du Café des Sports, au cours de laquelle un ouvrier italien, Primo, prend ainsi la parole :

Primo : « Bon, il nous reste un mois. Sur la grande chaîne de montage du 85, il y a des Algériens, des Marocains, des Tunisiens, des Yougoslaves, des Espagnols, des Portugais, des Maliens, des camarades d’autres pays encore. Faisons un bon tract pour leur expliquer ce que nous voulons faire. Et faisons des traductions dans toutes les langues de la chaîne, pour que tous ceux qui savent lire comprennent et puissent dire aux autres ce qu’il y a dedans. Après, on ira les voir un à un pour en discuter. »

Cette idée de tract en plusieurs langues plaît à tout le monde. Elle n’a pas seulement une fonction utilitaire. C’est une marque de respect vis-à-vis de chacune des cultures représentées dans l’usine. C’est une façon de demander aux différentes communautés immigrées de prendre les choses en main.

Maintenant, rédiger le texte. Pourquoi nous refusons la récupération. Les explications fusent. On peut parler de la fatigue des journées de dix heures. Ceux qui ont une heure de transport aller et une heure retour n’ont plus aucune vie en dehors de l’usine. La fatigue multiplie les accidents. Chaque changement d’horaire est l’occasion d’intensifier les cadences. Pourquoi ne pas en profiter pour rappeler les revendications particulières ? La qualification des peintres, des soudeurs. Parler aussi des locaux insalubres. Et le racisme des chefs ? Et la rémunération des heures supplémentaires ? Holà ! ce n’est plus un tract qu’on va rédiger, c’est un roman…

Primo, encore : « Ma ce n’est pas la peine de raconter toutes ces histoires. Si le patron veut nous faire travailler à nouveau dix heures avec vingt minutes gratuites, c’est pour nous humilier. Ils veulent montrer que les grandes grèves, c’est bien fini, et que Citroën fait ce qu’il veut. C’est une attaque contre notre dignité. Qu’est-ce qu’on est ? Des chiens ? “Fais ci, fais ça, et ferme ta gueule !” Ça ne marche pas ! Nous allons leur montrer qu’ils ne peuvent pas nous traiter comme ça. C’est une question d’honneur. Ça, tout le monde peut le comprendre, non ? Il n’y a qu’à dire ça, ça suffit ! »

Le contenu du tract est trouvé. Je rédige brièvement, sur le coin de la table, ce que Primo vient de dire d’un trait. Lecture. On change deux ou trois mots, version finale : tout le monde approuve. Le tract sera traduit en arabe, en espagnol, en portugais, en yougoslave. J’ai l’idée, fugitive, que ces mots sonnent très fort dans toutes les langues : « insulte », « fierté », « honneur »…2

  1. Marc Bessin et al., 2007. « Le motif de tout conflit est une attente de reconnaissance », Mouvements no 49, p. 145-152. Repris en 2009 dans le numéro spécial « Pensées critiques » de la même revue. []
  2. Robert Linhart, 1981 (1978). L’Établi, Éditions de Minuit, pp. 85-87. []

L’Institut français d’études anatoliennes (IFEA) vient de mettre en ligne l’enregistrement du séminaire commun avec l’Université Galatasaray, auquel j’ai apporté ma contribution le 26 avril dernier. J’en profite donc pour partager ici les diapos de ma présentation.

Merci à Benoît et toute l’équipe pour l’accueil, et aux participants pour leurs questions.

Et pour écouter l’enregistrement directement ici :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

En y réfléchissant, je suis déjà tombé sur ce fameux1  site qui fait tant parler de lui ces derniers temps, j’ai nommé Refdoc (INIST, unité du CNRS). Au hasard d’une recherche sur internet, pour retrouver une référence ou consulter un article, je ne sais plus. Arrivé sur le site, l’étonnement : c’est présenté comme une base de données de références, mais on se rend vite compte que l’objectif premier est de vendre, qui plus est fort cher, des photocopies d’articles. Un peu énervé et dérouté, j’avais fermé l’onglet et rapidement classé Refdoc quelque part dans le coin de ma tête où se situe la rubrique « Même si ce site remonte dans une recherche sur ton moteur préféré, passe ton chemin sans cliquer. » Je dois donc faire partie de ces milliers de chercheurs qui ne s’étaient pas posé plus de questions que ça à propos de Refdoc. J’avais tort.

Heureusement qu’Olivier Ertzscheid est venu nous secouer les puces ce lundi 1er octobre, en publiant une salutaire et énervée Lettre à l’INIST, qui remet en avant une question qui m’avait échappé (voir plus haut), mais qui n’est malheureusement pas nouvelle. Je cite ci-dessous Rémi Mathis, qui résume fort bien la situation (l’histoire complète étant à lire dans son billet) :

« Une unité du CNRS, l’INIST, vend à un prix démesuré (jusqu’à plus de 50 euros) des articles scientifiques par ailleurs souvent disponibles de manière libre et gratuite. Elle a été condamnée pour ce fait et n’ignore rien de l’illégalité du procédé. Elle continue pourtant, à l’encontre de la volonté de la communauté des chercheurs. Nous appelons à un arrêt de ces pratiques qui vont à l’encontre de l’open access, par ailleurs prêché (à raison) par le même CNRS. »

Ça fait froid dans le dos, hérisse le poil et fait bondir au plafond ! Et puisque les SIC sont interdisciplinaires, ajoutons à l’histoire un peu de droit : Lionel Maurel/Calimaq explique ici très bien que les pratiques de l’INIST posent deux problèmes :

  • D’une part parce que l’INIST vend des photocopies d’articles de revue sans que jamais l’autorisation des auteurs, pourtant requise par la loi, n’ait été demandée. L’INIST sait parfaitement que c’est illégal, mais s’asseoit tranquillement sur la décision de justice et fait comme si de rien n’était.
  • D’autre part parce qu’un certain nombre des articles proposés à la vente par Refdoc est disponible ailleurs en accès libre, notamment sur HAL (autre initiative du CNRS), mais pas seulement. Et que l’INIST se garde bien de le faire savoir à ses potentiels clients.

Faites donc l’expérience : recherchez votre nom dans la base de données Refdoc, et faites le compte. En ce qui me concerne, deux articles, dont un est effectivement disponible sur HAL. On peut même les commander en photocopie couleur (ce qui coûte alors plus cher que le numéro entier de la revue papier…), alors qu’ils sont parus à l’origine en noir et blanc. Magie de l’entourloupe institutionnalisée ! Scandale juridique et scientifique, surtout.

Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On ferme son navigateur, on reprend son calame et sa tablette d’argile en attendant que la tempête passe ? C’est ce qu’a l’air de faire l’INIST, qui n’entend pas les chercheurs gronder, et fait de nouveau comme si de rien n’était (ou presque, mais c’est pire). Non, ce qu’il faut faire, c’est retenir les résultats de la recherche sur Refdoc, et demander le retrait des articles concernés ici, sur cette page du site SavoirsCom12. Puis en profiter pour signer la pétition. Et se tenir prêt à montrer à l’INIST de quel bois on se chauffe, au cas où ça ne suffirait pas…

  1. Les Allemands ont un mot particulier pour ce contexte : berüchtigt, qui signifie quelque chose comme « négativement fameux », mais en plus savoureux que notre « tristement célèbre ». []
  2. Poussé par cette vague de soutien à une diffusion large et gratuite des productions scientifiques, on peut aussi en profiter pour lire, et signer, le Manifeste de SavoirsCom1. []