Campagne de recrutement 2015

C’est parti ! Les candidatures à la session synchronisée de recrutement des maîtres de conférence et professeurs sont ouvertes jusqu’à la fin mars. 31 postes de MCF sont offerts en Sciences de l’information et de la communication, dont 3 à l’Université de Lorraine1, tous rattachés au Crem. Pour les prétendant-e-s, commence le bal des coups de téléphone aux contacts pédagogie et recherche de chaque profil. On est parfois très bien reçu, parfois moins… quand on arrive à avoir la personne au bout du fil, ce qui n’est jamais gagné d’avance. Il faut parfois ramer pour avoir un peu d’info, et il faut parfois comprendre à demi-mot qu’un candidat local est très fortement pressenti pour le poste. Souvent, le coup de fil est tout de même utile, parce qu’il permet de glaner quelques infos qui ne sont pas dans le dossier (projet en cours, ouverture d’une nouvelle section à la rentrée…), ou de comprendre l’orientation équivoque d’un profil — au passage, certains dossiers sont si légers que cela frise le scandale: recruteurs, vous ne ferez croire à personne que vous n’avez pas une idée un peu précise de ce que vous cherchez.

Préparer sa candidature: prendre un carrefour sans bien (sa)voir ce qu'on fait

Préparer sa candidature: prendre un carrefour sans bien (sa)voir ce qu’on fait

Pour les candidat-e-s, et en particulier celles et ceux qui postulent pour la première fois, cette période est difficile car, comme pour beaucoup d’autres choses à l’université, rien ne nous y a préparé. Je m’en suis encore rendu compte cette semaine en discutant avec une collègue recrutée en même temps que moi, une jeune docteure qualifiée et un futur docteur. C’est le grand flou. Faut-il appeler systématiquement ou pas ? Comment s’y préparer ? Est-ce une simple prise de contact, ou déjà un premier test du futur candidat? Ensuite, que mettre dans le dossier ? Lettre de motivation ou pas ? CV d’une page comme c’est la règle ailleurs ? Quelles questions va poser le jury si je suis auditionné-e ?

Si cela peut aider à dissiper une partie du flou, ou au moins donner quelques idées, voici ce que je pense de ces questions. D’abord, bien sélectionner ses candidatures. C’est du boulot de faire tous ces dossiers, et même si les candidatures électroniques se multiplient, on ne peut pas faire un simple copier-coller de la totalité. En ce qui me concerne — mais mon expérience ne vaut bien évidemment que pour moi2 —, je n’ai été auditionné que sur des profils dont j’étais vraiment proche. On n’est jamais à 100% dans un profil, mais s’il n’y a pas de branche à laquelle se rattraper, ce n’est pas la peine de se lancer.

Ensuite, faire un beau dossier, clair, lisible, bien structuré. Les recruteurs vont en voir passer des dizaines, soyez efficace sans être tape-à-l’œil. Pas de problème si c’est long (les miens faisaient une bonne quinzaine de pages sans la déclaration de candidature et les pièces annexes type carte d’identité, doctorat et rapports de soutenance). Et bien sûr qu’il faut une lettre de motivation. Je sais: elle ne fait pas partie de la liste officielle des pièces constituant le dossier de candidature. Mais personne ne m’a jamais reproché d’en avoir joint une. Et comment faire autrement si l’on souhaite montrer que l’on correspond au profil, que l’on a des projets en cours, qu’il y a une cohérence à cette candidature en fonction de son parcours ?

Enfin, bien se préparer pour l’audition. Respecter absolument le temps imparti pour se présenter (s’il ne figure pas sur la convocation, se le faire préciser, c’est en général 15 ou 20 minutes). Que dire dans ce temps qui sera toujours trop court ? Le meilleur conseil qu’on m’ait donné3 est celui-ci: en général, les candidat-e-s parlent trop d’eux et de leur parcours et pas assez de la manière dont ils correspondent au profil du poste. Cela peut paraître trivial, mais c’est essentiel: les membres du jury ont lu le dossier — je n’ai jamais eu de question à côté de la plaque. Ils connaissent le parcours du candidat. Reste à leur montrer qu’on a compris le poste, qu’on se voit travailler avec cette équipe, dans cette formation, dans cet axe du labo, voire qu’on a des idées à proposer sur tel ou tel aspect. L’audition n’est pas un ego-trip, mais un moment4 dans lequel une individualité doit montrer qu’elle peut et souhaite s’intégrer à une équipe. Ça n’est que mon avis, mais c’est comme cela que je me suis présenté — et c’est comme cela que j’appréhendrai les choses quand, dans trois mois, je serai pour la première fois du côté des recruteurs…

Dernière petite chose: pour utile qu’il puisse être, le dossier de candidature qui m’a mené à Nancy est disponible ici. D’autres traînent dans les recoins des internets : allez y jeter un coup d’œil. M’inspirer des autres m’avait aidé, il est donc logique que je partage à mon tour.

  1. Profils : Sciences de l’information et de la communication (IUT Thionville, Galaxie 666), Médias (UFR SHS-Nancy, Galaxie 651) et Étude de l’information médiatique, des médiations sociales et culturelles (Espé de Lorraine, Galaxie 638). Un quatrième poste est offert au Crem, en arts plastiques (UFR ALL-Metz, Galaxie 591). []
  2. Trois campagnes de recrutement, classé à quasiment toutes mes auditions, et pour finir classé deux fois premier en 2013. []
  3. « On » étant Denis Ruellan, à la suite d’une audition où je n’avais pas été classé. Merci à lui. []
  4. Trop court, on ne le dira jamais assez, en espérant qu’on finisse un jour par réformer complètement la manière de recruter. []

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