Pièces jointes

La campagne de recrutement — on dit « session synchronisée » — bat son plein : ouverte depuis le 26 février, elle se refermera le 28 mars. La liste complète des postes disponibles est en ligne ici. L’année dernière, je pestais que si peu d’universités permettent l’envoi de dossiers électroniques. Chaque dossier devant être adressé au jury en triple exemplaire, et on espère suivi de publications pour l’audition, la facture de photocopies et timbres grimpe vite — pas de chiffres, désolé, pas eu le courage de tout bien noter. Cette année, ça va mieux : sur les six candidatures que je poste, quatre sont électroniques. Depuis Istanbul, j’apprécie.

Quand on déclare une candidature dans Galaxie, l’application du ministère, on remplit tout un tas de champs : identité, titre de la thèse et date de soutenance, quelques lignes sur les publications et l’enseignement. Bref, on fournit un résumé de la candidature, qui est la première pièce à verser au dossier, et à laquelle s’ajoutent le CV détaillé, les copies du doctorat, de la carte d’identité et du rapport de soutenance.

Ici, on pourrait imaginer une procédure de signature électronique de la déclaration de candidature : après tout, ça fonctionne très bien pour les impôts. Mais non : elle doit être imprimée, puis datée et signée à la main et, si le dossier électronique est possible, scannée et convertie en PDF pour être ensuite téléchargée dans l’application de chaque université où l’on postule.

Oui : dans l’application de chaque université. Tout le monde n’a pas la même. Ce qui fait qu’il y en a de meilleures que d’autres. Celle de Paris 8 et Paris 13 est un modèle d’ergonomie ratée, tandis que celle de l’Université de Lorraine est simple, claire et efficace. Dans la première, un fouillis de cadres à partir desquels on ouvre des dossiers puis fait apparaître des popups dans lesquels il faut donner un titre à chaque fichier téléchargé, sans que la liste légale soit reprise nulle part. Dans la seconde, une simple fenêtre avec la liste des pièces à charger : on clique sur celle qu’on veut envoyer, on choisit son fichier, ça charge, l’item disparaît de la liste, et hop. Quand on a fini, on peut soit corriger, soit cliquer sur le bouton idoine afin que les services compétents vérifient que le dossier est recevable.

Pour P8 et P13, personne ne sait que vous avez déposé les pièces. Je l’ai fait en même temps il y a deux jours. Dans Galaxie, je vois que mon dossier pour P13 est déjà noté comme recevable, mais rien pour P8. L’ironie de l’histoire, c’est que je continue de recevoir des mails automatiques de P13 m’avertissant de la date limite pour envoyer les pièces, mais plus de P8.

Bien que ces applications soient différentes, elles sont d’une manière ou d’une autre reliées à Galaxie, puisqu’un mot de passe est envoyé automatiquement au candidat, et que l’application sait sur quel poste on candidate, ce qui est bien le moins. Mais ça ne va pas plus loin. Donc certaines facs demandent, en plus des pièces légales, de remplir une fiche qui reprend, sous une autre forme, les renseignements déjà donnés à Galaxie pour la déclaration de candidature. Pourquoi ? Mystère… les esprits mal tournés craindront que les rapporteurs n’en profitent pour éviter de lire les dossiers de candidature. Difficile de ne pas y penser, puisqu’à la fin de cette fiche, un espace est justement prévu pour l’avis des rapporteurs… C’est certainement un mauvais procès — à toutes mes auditions, les questions posées montraient que le dossier avait été lu —, mais je ne vois guère l’intérêt de cette paperasse numérique supplémentaire. D’autant qu’il s’agit d’un document Word, à rendre obligatoirement en format Word. Un document modifiable, donc. Qui sert de résumé à sa candidature. Bonjour la sécurité. Il reste quelques progrès à faire dans la gestion des candidatures électroniques.

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