Retour vers le futur - « A portable television studio. »Très heureux d’avoir été sollicité par la revue Médiadoc pour un texte de synthèse sur les évolutions contemporaines du journalisme. Médiadoc est éditée par l’Association des professeurs documentalistes de l’Éducation nationale (APDEN) : merci à elle, et en particulier à Gildas Dimier, qui a supporté mes retards avec bienveillance, a été un relecteur attentif et a sélectionné les exemples d’activités pédagogiques qui accompagnent le papier.

Mon article s’appelle donc « Médias en crise, journalisme en réinvention ». Il sera en janvier au sommaire du numéro 19 de Médiadoc ainsi qu’en libre téléchargement sur le site de la revue. Ce billet en reprend la bibliographie et la complète de références qui n’apparaissent pas dans l’article, principalement pour des raisons de lisibilité (il y a déjà trop de notes de bas de page), mais aussi de choix (on ne peut évidemment pas tout dire en un papier). Puisqu’elles ont nourri les réflexions ayant conduit à son écriture, les voici en partage.
NB : cette liste est provisoire, elle s’enrichira d’ici la publication de la revue.

Médias

Merzeau Louise, 2017. « Les fake news, miroir grossissant de luttes d’influences », Ina Global, mis en ligne le 19/05/2017.

Fleury Béatrice et Walter Jacques (dir.), 2014. « État des recherches en SIC sur l’information médiatique », Revue française des sciences de l’information et de la communication, nº5.

« Médias français : qui possède quoi », infographie régulièrement mise à jour par Le Monde Diplomatique.

Journalistes

CCIJP (Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels), 2017. 35238 cartes attribuées en 2016.

CCIJP, Conditions d’attribution de la carte professionnelle.

Da Lage Olivier, 2011. Obtenir sa carte de presse et la conserver, Victoires Éditions, coll. « Métier journaliste », 2e éd., 202 p., 15€.

IFP/Carism, 2017. L’Insertion et les parcours professionnels des diplômés de formations en journalisme, 146 p.

Leteinturier Christine (dir.), 2014. Les Journalistes français et leur environnement : 1990-2012. Le cas de la presse d’information générale et politique, Paris, Éd. Panthéon-Assas, 240 p., 35€. Lire ici ma note de lecture.

Leteinturier Christine et Frisque Cégolène (dir.), 2015. Les Espaces professionnels des journalistes. Des corpus quantitatifs aux analyses qualitatives, Paris, Éd. Panthéon-Assas, 226 p., 27€.

Diffusion

Mesure des audiences de la télévision, de la radio et d’Internet : Médiamétrie, dont le Médiamat annuel 2016.

Mesure de la diffusion de la presse écrite et d’Internet : ACPM.

Audience, diffusion, chiffre d’affaires : statistiques en open data du ministère de la Culture et de la communication.

Céline Ségur et moi organisons mardi 7 novembre à Metz une (demi-)journée d’études sur le thème Devenir public. Modalités et enjeux. Nous parlerons de l’instabilité foncière des publics, d’espace(s) public(s), de radio, de crowdfunding, de musées… Ces débats sont conçus comme un prolongement au livre portant le même titre que nous avons dirigé aux Éditions Mare & Martin, et qui va sortir dans les prochaines semaines.

Au programme :

9h-9h30 : Accueil

9h30-9h45 : Ouverture
Jacques Walter, directeur du Centre de recherche sur les médiations (Crem), Université de Lorraine

9h45-10h15 : Faire public, devenir public
Loïc Ballarini et Céline Ségur (Crem, Université de Lorraine)

10h15-11h : Les publics malgré tout, les publics envers et contre tout
Éric Maigret (IRMECCEN, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle)

11h-11h15 : Pause

11h15-12h : Devenir public par le mécénat culturel participatif. Quelques hypothèses
Gaëlle Crenn (Crem, Université de Lorraine)

12h-12h45 : Est-ce que quelqu’un m’écoute encore ? De la nécessité du public dans la relation de communication
Christophe Deleu (Sage, université de Strasbourg)

Cela se passe à Metz, Campus du Saulcy de l’Université de Lorraine, salle Ferrari. Tous les détails dans le programme.

Obsweb - EWJ2016Ça ne pouvait pas mieux tomber : lundi 22 février, Médiamétrie publiait L’Année internet 2015, son bilan annuel dans lequel il apparaissait que l’année écoulée était celle du basculement. Pour la première fois en France, le nombre de connexions à internet depuis les mobiles (tablettes et smartphones) a dépassé en 2015 celui des connexions depuis les ordinateurs. Or, quatre jours plus tard, Obsweb, l’Observatoire du webjournalisme rattaché au Crem, organisait les 6e Entretiens du webjournalisme sur le thème « Information et supports mobiles ». Sceptiques, monothéistes et adversaires du mariage de la carpe informationnelle et du lapin numérique, passez donc votre chemin — ou, plutôt, changez-en : de profondes mutations sont en cours. Encore ? Rassurez-vous : on ne va pas vous refaire le coup de la révolution ou de la technologie disruptive. Il y en au moins une tous les matins sur les sites technophiles, mais ce n’est pas le genre de la maison.

#Obsweb nouveau métier

A photo posted by @undessinparjour on

Ce qui est important, c’est le mouvement de fond, que certain-e-s voient poindre depuis un moment et qui est désormais une réalité : ce n’est pas l’avenir d’internet qui est mobile, c’est son présent. Cela pose des questions cruciales aux producteurs d’informations qui, comme cela a été relevé plusieurs fois, commencent à peine à accepter de penser l’info web first alors que leur préoccupation devrait être mobile first. Car c’est ainsi que leurs lecteurs potentiels vivent : près de 60% de la population sont désormais équipés de smartphone, et ce taux monte à 90% chez les 18-24 ans. La consommation d’information suit évidemment le mouvement : de moins en moins de lecteurs papier, de plus en plus de lecteurs numériques, qui ne se connectent plus que rarement à la page d’accueil de leur média favori, qui en suivent très marginalement les flux RSS, mais qui installent des applis, jettent un œil à leurs notifications et, surtout, arrivent de plus en plus souvent sur un article en ayant suivi une recommandation (re)postée sur un réseau social.

Taux d'équipement et taux d'accès à internet 2015

Taux d’équipement et taux d’accès à internet en France en 2015. Source ARCEP, Baromètre numérique 2015.

Le problème, c’est que cette évolution est très rapide et que les médias, comme toutes les institutions, ont bien du mal à réagir, sans même parler d’anticiper. Et pourtant : au Royaume-Uni, l’audience totale (papier + numérique) de 5 quotidiens est désormais majoritairement mobile — c’est près des deux-tiers pour The Independent, qui vient d’annoncer l’arrêt de son édition papier pour se concentrer sur le numérique. Comment cette audience se construit-elle ? En France, selon Médiamétrie, les réseaux socio-numériques sont à l’origine de 20 à 50% de l’audience numérique des sites d’info. Tel est le cocktail que journalistes et médias ont en main : internet mobile et réseaux socio-numériques. Qu’en faire ? Qu’y faire ?

Pour tenter d’y répondre, les Entretiens du webjournalisme étaient organisés en deux parties : la matinée était consacrée à interroger les stratégies éditoriales pour le mobile ; l’après-midi à des retours d’expérience de journalistes produisant de l’info en mobilité. Entre les deux, la présentation du Défi appli mobile, par les étudiants en journalisme de Metz, qui devaient concevoir des applis destinés à un public jeune et orientés info locale — travail qui combinait recherche et entretiens auprès de jeunes, et développement de l’appli avec Morgiane Achache, chef de produit numérique au Monde.fr. Mon propos n’est pas ici de résumer les débats : d’autres s’y sont déjà collés avant moi, et avec un bel esprit de synthèse. Lisez donc Nicolas Becquet, journaliste et manager des supports numériques de L’Écho, qui passe en revue la journée complète, ainsi que Jonathan Hauvel, rédacteur en chef adjoint du Bruxelles Bondy Blog, à propos des retours d’expérience d’une belle brochette de journalistes-pionniers dont les interventions ont marqué l’assistance.

Si cela vous intéresse, prolongez un peu : les étudiant-e-s du Master Journalisme et médias numériques de Metz, coachés par Nathalie Pignard-Cheynel, responsable d’Obsweb, et ceux-celles de la Licence professionnelle Journalisme et médias locaux de Nancy, avec votre serviteur, ont couvert la journée tous azimuts. Streaming en direct à trois caméras, articles de synthèse, interviews, live-tweet, Instagram, Periscope, Snapchat… par une rédaction éphémère de 50 futurs journalistes à la pointe de la technique et de la réflexion (du moins est-ce que nous essayons de leur proposer, et ce que Nicolas Becquet a réalisé avec trois étudiant-e-s embarqué-e-s avec lui dans une journée de mobile journalism). C’est le hashtag #obsweb qui a servi de panache blanc à cette journée, qui peut aussi être revue en intégralité ici, ici et .

Comme le souligne justement Nicolas Becquet, le contraste était saisissant entre matin et après-midi. Le matin, professionnels comme chercheurs n’ont pu que constater l’absence, au moins en France, de stratégie éditoriale en direction des supports mobiles. Mais si l’on ne produit pas encore pour eux, on commence à produire par les supports mobiles. C’est ce que les témoignages et études de l’après-midi ont montré. Les JT entièrement tournés à l’iPhone de Léman Bleu racontés par Laurent Keller, le reportage au smartphone de Nicolae Schiau, qui a suivi des migrants syriens tout au long d’un périple documenté sur divers réseaux socio-numériques, le laboratoire mobile sous forme de van ultra-connecté de Damien Van Achter, le suivi de la coupe du monde de rugby sur WhatsApp par Antoine Maes, et l’appli participative Earth Alert de Steven Jambot… Il y a dans ces expériences quelques points communs : oser se lancer sans être sûr du résultat, retourner sur le terrain, utiliser les outils du quotidien, les mêmes que ceux des lecteurs.

Il y a aussi une nouvelle qui devrait faire réfléchir les « gros » médias : ces innovations viennent de structures légères, parfois de journalistes indépendants, qui ne disposent que de budgets modestes. Tout le monde n’est pas La Presse, qui peut investir 26 millions d’euros et embaucher 200 personnes pour développer une appli tablette. Mais tout le monde peut être Léman Bleu, qui acquiert quelques micros, trépieds et perches à selfie. Pour faire quoi ? De la proximité, autre mot-clé de la journée. Proximité avec son sujet, mais aussi avec son public. Proximité physique (sur la route avec les migrants, au plus près puisqu’on filme au smartphone), et proximité technique et d’usages (outils et réseaux partagés avec le public et les sources). Ce n’est d’ailleurs pas étonnant qu’une des démonstrations les plus convaincantes de la journée soit celle de Laurent Keller1, qui expliquait qu’en troquant les imposantes caméras de télévision pour des iPhones, Léman Bleu n’avait pas seulement modifié sa manière de raconter son territoire, mais qu’elle en avait profité pour renoncer à ses rêves de grandeur : cette télé qui avait par le passé tout fait pour être reconnue comme une station régionale est redevenue fière d’être une télé locale.

Dans le débat général sur la crise des médias, on a effet souvent tendance à se focaliser sur les aspects techniques, vus alternativement comme la source de tous les maux et la route vers toutes les solutions. Mais comme dans tout processus d’innovation, la technique n’est rien sans le social qui la porte et se l’approprie, voire la détourne. À quoi bon vouloir révolutionner l’information si ce n’est pour qu’elle soit lue, partagée et discutée ? Ce qui fait qu’un lecteur apprécie un média, un journaliste ou un article, ce n’est pas d’abord sa qualité technique, c’est son contenu, et la relation qui se crée entre lecteur et producteur d’information. C’est peut-être parce qu’ils se mettent à produire par les supports mobiles que les rédactions vont finir par produire pour les supports mobiles. L’indifférenciation entre les supports de production et de réception de l’information, fait unique dans l’histoire des médias, aidera peut-être à ne pas perdre de vue que tout cela n’aura de sens que si l’on produit en même temps pour les lecteurs.

PS : Et le nerf de la guerre, alors ? Ce n’était pas l’objet de cette journée. C’est par contre le thème des Assises du journalisme 2016, qui se déroulent cette année à Tours, à partir de… demain. On en reparle.

 

  1. Je ne dis pas que les autres interventions n’étaient pas convaincantes, loin de là. Mais l’intérêt de Léman Bleu est que l’expérience n’en est plus une : elle est devenue le quotidien de la rédaction. Les autres projets ouvrent des voies encore impratiquées, mais ne sont pour l’instant que ponctuels — Damien Van Achter étant entre les deux, puisqu’il a annoncé lors des Entretiens mettre à disposition l’application Backtrackr, qui lui permet de réaliser ses roadtrips multimédia. []

Vendredi 29 janvier, nous lançons le cycle de séminaires du programme de recherches ANR Collab, qui s’interroge sur le rôle des plateformes de crowdsourcing et de crowdfunding dans les mutations contemporaines des industries culturelles. La première séance, qui se déroulera à l’Université Paris 8 de 9h à 12h (salle D143), sera consacrée au journalisme. Les invités sont :

  • Ivan du Roy, journaliste, cofondateur de Basta !
  • Raphaël Garrigos, journaliste, cofondateur des Jours
  • Mehdi Guiraud, journaliste, membre d’Enquête Ouverte
Affiche séminaire Collab

Affiche séminaire Collab

Le Parisien, samedi 16 novembre. Constat ou invitation ?

Le Parisien, samedi 14 novembre. Constat ou invitation ?

Lundi après-midi, 16 novembre 2015, moins de trois jours après les sanglants attentats qui ont coûté la vie à au moins 129 personnes à Paris, François Hollande a donc réuni le Congrès pour une déclaration aussi solennelle qu’inédite. Comme il l’avait fait pour le Mali, il a endossé le costume qu’il semble préférer : celui de chef de guerre.

Certaines formules sont puissantes : « Le terrorisme ne détruira pas la République, parce que c’est la République qui le détruira. » « Nous ne sommes pas dans une guerre de civilisation parce que ces assassins n’en représentent aucune. Nous sommes en guerre contre une armée djihadiste. » Elles pèsent le poids de mots qu’on préférerait rares et mesurés. La guerre : quelle guerre ? Et contre qui ? Et qui l’a déclarée ?

En janvier, à la suite des massacres de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, le mot guerre était déjà apparu en une de certains journaux : Alexis Brézet, le très droitier directeur des rédactions du Figaro, titrait ainsi son éditorial « Quand la guerre est là, il faut la gagner ». Aujourd’hui, Hollande semble avoir repris la formule. En lui adjoignant un programme : déchéance de nationalité et interdiction de retour sur le territoire des binationaux, expulsion facilitée des étrangers, augmentation des effectifs de la police, de la gendarmerie, de la justice et des douanes, politique de fermeture des frontières extérieures de l’Union européenne, coalition avec les États-Unis et la Russie pour intervenir en Syrie en ne mettant plus la sortie du jeu de Bachar Al-Assad sur le même plan que l’« éradication » de Daech, devenu cible principale. Et, surtout, révision de la Constitution, évoquée dans des termes aussi flous que martiaux, qui conduira le pays dans un « état d’urgence permanent ».

Mais sur d’autres aspects pourtant essentiels, rien. Rien sur les causes : ni sur les responsabilités de la France et de l’Europe dans le délitement du Moyen-orient, ni sur ce qui pousse, aujourd’hui, de jeunes Français à partir pour le djihad.

Comme seule réponse, la guerre encore et la guerre toujours.

Comme si la promesse de l’éradication de Daech par les bombes pouvait être tenue.
Comme s’il suffisait — sordide calcul — de doubler Sarkozy sur sa droite pour sauver la peau du PS aux régionales, et peut-être aussi à la présidentielle.

Unes du mardi 17 novembre. La Tour Eiffel, un des symboles de paix post-attentats, désormais sous garde militaire. Les avions de Dassault à l'assaut des djihadistes, et Hollande raide comme la… vengeance.

Unes du mardi 17 novembre, après le Congrès. Hollande en chef de troupe. Les avions de Dassault à l’assaut des djihadistes. Hollande à nouveau, raide comme la… vengeance.

La stratégie de la guerre sera un échec. Il y aura de nouveaux attentats : c’est le piège tendu par Daech, qui ne souhaite rien d’autre que des représailles et une escalade finissant par déclencher une guerre civile en France. Dans cette évolution, le PS portera une responsabilité historique, celle de s’être engagé à corps perdu sur une pente droitière qui ne peut que profiter au Front national. Car si les mesures annoncées hier ne suffisent pas — et elles ne suffiront pas —, il en faudra d’autres, toujours plus répressives et régressives, toujours plus éloignées de ce qui devrait être le référentiel des « socialistes », et toujours plus proches de l’autoritarisme, de la surveillance et de la répression généralisées.

Numéro spécial de L'Express sorti dimanche 15. Christophe Barbier, dit l'«Ikea de la pensée», y donne le mode d'emploi

Numéro spécial de L’Express sorti dimanche 15. Christophe Barbier, dit l’« Ikea de la pensée », y donne le mode d’emploi

Dans le logiciel traditionnel de la politique française, la gauche était du côté de la prévention, la droite du côté de la répression. En faisant sienne une politique uniquement répressive, Hollande signe sans conditions la capitulation de la pensée de gauche. Voire la défaite de la pensée tout court. Car enfin, l’échec de la « guerre contre le terrorisme » lancée par les États-Unis après le 11 septembre 2001 est patent. On le savait déjà, me direz-vous, et personne n’aurait dû être surpris vendredi soir. Que n’en tire-t-on de conclusions ? Plutôt que de convoquer le Congrès, Hollande aurait pu prendre quelques heures pour lire la presse de ce week-end — c’est le sens des (trop) nombreux liens de ce billet : de la pensée ces trois derniers jours, il y en a eu, et accessible —, ou pour se promener sur les réseaux sociaux, qui ne sont pas qu’une poubelle à rumeurs, mais aussi une opportunité dont les politiques pourraient se saisir pour faire émerger une nouvelle parole.

Prendre le temps du recul. Le temps de la pensée, qui pourrait conseiller autre chose que les bombes — pourquoi une diplomatie aussi faible, pourquoi n’essaie-t-on pas de frapper au portefeuille ? Le temps de la pensée, qui pourrait aussi guider d’autres choix de politique intérieure : pendant que le taux de chômage et la pauvreté des jeunes sont à des niveaux historiquement inquiétants, l’université meurt à petit feu, ne parvenant plus à assurer ses missions — et ça n’est pas beau à voir. Pourtant, sur le plan intérieur, le meilleur rempart contre Daech, c’est l’éducation, la culture, la santé. Et le travail, dont la fameuse courbe honteuse ne sera pas masquée par « une bonne guerre ».